Un parc national en mer autant qu’à terre
Le parc national des Calanques a été créé par le décret n° 2012-507 du 18 avril 2012. Il ne s’arrête pas au rivage : ses règles s’appliquent aussi en mer, et c’est souvent là qu’on les découvre, le jour où l’on voudrait jeter l’ancre au pied d’une falaise.
L’archipel du Frioul en fait partie. Ses quatre îles, Pomègues, Ratonneau, If et Tiboulen, se rejoignent en bateau depuis le Vieux-Port, et le parc y rappelle que le milieu naturel est particulièrement fragile.
Sous la surface, sept zones de non-prélèvement couvrent 10 % du territoire marin du parc : toute pêche y est interdite en permanence. Partout, il est aussi interdit de jeter des déchets, de déranger ou de nourrir la faune marine, et de prélever des espèces protégées.
Ces règles ne ferment pas la mer. Elles disent à quelle allure approcher, où s’arrêter et d’où regarder. Les connaître avant de partir, c’est savoir ce qu’une journée peut vraiment offrir, et s’épargner une déception sur l’eau.
Naviguer : la bande des 300 mètres et la vitesse
Dans la bande littorale des 300 mètres, la vitesse est limitée à 5 nœuds. Le jet-ski et les activités tractées, comme le ski nautique ou le parachute ascensionnel, sont interdits dans le parc.
Depuis le 23 avril 2026, un arrêté du préfet maritime de la Méditerranée, le n° 102/2026, limite aussi la vitesse à 10 nœuds au-delà des 300 mètres, dans un rayon d’un mille marin autour du cap Croisette, vers le nord-ouest. Ce passage est la principale porte d’entrée vers les calanques de Marseille et de Cassis, et l’été y concentre le trafic.
Le transport de passagers dans le parc est réservé aux navires admis par l’établissement du parc : on les reconnaît à leur pavillon et à l’autocollant orange apposé sur leur coque.
Les bouées jaunes marquent les limites des zones réglementées : on ne s’y amarre pas. Les bouées blanches sont des mouillages écologiques, et sur la plupart d’entre elles, les plongeurs ont la priorité.
Mouiller : En-Vau, Port-Pin et les bouées
En décembre 2020, le parc a adopté un schéma d’organisation des mouillages en 49 mesures. Il protège l’herbier de posidonie, que le parc décrit comme irremplaçable en Méditerranée et que les ancres arrachent, tout en organisant les usages.
Les deux calanques les plus fragiles ne reçoivent plus aucun mouillage : à En-Vau et à Port-Pin, jeter l’ancre est interdit. La plaquette réglementaire du parc y interdit aussi l’accès des navires de plus de 20 mètres, hors transport de passagers admis, et celui de toute embarcation à moteur au fond de ces deux calanques.
Ailleurs, le mouillage se concentre sur les fonds de sable, autour du Frioul, au nord de Riou ou dans les baies de Cassis et de La Ciotat. Là où le sable manque, il se fait sur bouées : à Sormiou, à Morgiou, à l’ouest de Pomègues et dans la baie de La Ciotat. Les navires de plus de 24 mètres mouillent plus au large, au-delà des herbiers.
Trois arrêtés du préfet maritime, signés le 20 mai 2021 à La Ciotat, ont donné force à ces choix : l’un pour les navires de plus de 24 mètres, du Frioul à la baie de La Ciotat, les deux autres pour le mouillage de plaisance sur les littoraux de Marseille et de Cassis.
Survoler : la règle des mille mètres
Le décret de création du parc interdit, sauf dérogation du directeur de l’établissement public, le survol de son cœur à moins de mille mètres du sol par un aéronef motorisé. Deux cas y échappent : les approches de l’aéroport Marseille Provence, et un axe de transit La Ciotat, cap Croisette, Carry-le-Rouet, suivi à cinq cents mètres de hauteur au moins et à un mille nautique des espaces terrestres du cœur.
Les dérogations sont réservées à des missions précises : service public, recherche scientifique, entretien d’équipements, travaux, prises de vues admises par le parc. Au-dessus de l’archipel de Riou, aucune n’est possible au-dessous de 150 mètres. Les drones de loisir sont interdits dans tout le parc au-dessous de mille mètres.
Le vol libre n’est pas proscrit pour autant : parapente et deltaplane sont encadrés par le directeur du parc et ne décollent et n’atterrissent que sur des sites établis, avec l’accord des propriétaires. Deux arrêtés de biotope les restreignent encore : le survol est interdit au-dessous de mille mètres au-dessus de la Muraille de Chine, le décollage et l’atterrissage dans le vallon de Toulouse.
Un vol en hélicoptère au départ de Marseille reste possible, mais il ne promet pas de frôler les falaises : c’est l’exploitant retenu qui fixe l’itinéraire et la hauteur, dans le respect de ces règles. Vue d’en haut, la côte ne perd rien de sa beauté ; elle se contemple simplement de plus loin.
L’été : risque incendie et débarquement
Du 1er juin au 30 septembre, l’accès aux massifs dépend chaque jour du risque incendie. Le niveau du lendemain est publié vers 18 h, massif par massif, par la préfecture des Bouches-du-Rhône, et l’application Mes Calanques du parc le relaie.
Les jours classés rouges, l’accès terrestre au parc est interdit et la route des Crêtes est fermée. La visite en bateau reste possible, mais tout débarquement est strictement interdit.
En mer, la journée change donc peu, à une condition : ne pas compter sur une plage ou un sentier pour le déjeuner. Le programme se construit à bord, et se vérifie la veille au soir. Sur le site de la préfecture, les Calanques sont suivies en trois massifs : Calanques, Cap Canaille et Grand Caunet.
Préparer une journée en mer ou un vol
Ce que ces règles laissent est déjà beaucoup : longer les falaises à allure lente, découvrir En-Vau depuis le large, mouiller sur bouée à Sormiou ou à Morgiou, gagner les îles du Frioul, rentrer au port dans la lumière du soir.
La réglementation évolue. L’arrêté du cap Croisette date d’avril 2026 et le parc actualise ses documents : avant le départ, c’est la version en vigueur qui compte, et c’est à l’exploitant retenu de l’appliquer.
Pour un yacht, un hélicoptère ou un jet privé, la Fédération vous met en relation avec l’exploitant retenu, qui navigue ou vole sous sa propre responsabilité. Un chauffeur membre de la Fédération prend en charge le trajet jusqu’au port ou à l’aérogare, puis le retour.
Une belle journée en mer tient souvent à peu de chose : un départ tôt, quand la lumière est rasante sur la roche blanche, une escale choisie selon le vent, un retour sans hâte. Ce sont ces détails que l’on règle à l’avance, avec l’exploitant pour la mer et avec le chauffeur pour la terre.
Pour préparer une sortie en mer, un vol et les trajets qui les entourent : Yacht, hélicoptère et jet privé



